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Benoît BERTHOU

Berthou Benoit 1301 02 NicolasGuerin
Membre du LabSIC depuis 2008

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Présentation

Maître de conférences à l'université Paris 13.
Responsable du Master "Culture, Média"
Fondateur et directeur de publication de la revue Comicalités. Etudes de culture graphique
 

Fonctions électives

Membre de la 71e section du Conseil National des Universités
Membre du Conseil d'orientation de la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l'Image
Membre de la Commission à la Formation et Vie Universitaire de l'Université Paris 13
Membre du Conseil d'UFR des Sciences de la Communication de l'Université Paris 13

 

Thèmes de recherche

Mes recherches adoptent deux axes.

« Livre et numérique » : étude de l’évolution et de la reconfiguration de la filière livre au regard des nouvelles technologies de l’Information et de la Communication. Dans cette optique, j’étudie la redéfinition d’activités ou d’identités professionnelles (éditeur, libraire et bibliothécaire) et les modes émergents d’inscription du livre dans un espace social (commercialisation, diffusion...).

« Culture graphique » : étude de la place et du devenir du dessin au sein des industries culturelles (livre, jeu vidéo, cinéma...). Dans cette optique, j’étudie les modes de réception (analyse sociologique des publics), de circulation (processus d’adaptation) et de création (modes de conception et de financement) de productions dessinées.

Enseignements

  • Livre et numérique : quelles organisations ?
  • Nouveaux produits culturels : édition et innovation

  • La bande dessinée : quelle industrie culturelle ?

  • La convergence des images : livre, jeu vidéo, télévision, cinéma

  • Culture et média : quelle diffusion de la création ?

 

Travaux et publications

Notices détaillées ou textes disponibles sur HAL-SHS

 

« L’adaptation de bandes dessinées : quel mode de création ? »

Ouvrage collectif sous la direction de Benoît Mitaine, à paraître aux Presses de l’université de Bourgogne, printemps 2014.

« Je ne voyais vraiment aucune raison d’adapter un livre… sous forme d’un autre livre ! » : par ces mots, Art Spiegelman met en évidence le caractère problématique de toute adaptation d’œuvres littéraires en bandes dessinées. Nous sommes face à un processus dont l’intérêt ne va pas de soi et qui relève d’une ambition que le présent article se propose d’examiner en proposant plusieurs possibles conceptions de l’adaptation. Celle-ci peut être conçue sur le mode de la médiation : ayant vocation à ménager un accès à l’œuvre adaptée, l’exploration des possibilités graphiques qu’offre la bande dessinée s’éclipse devant un souci de transmission. L’adaptation peut à l’inverse relever d’un autre parti pris soucieux de figuration : entendant exploiter le potentiel visuel de certains écrits, il entend développer des narrations faisant une place à la représentation. Une troisième approche semble l’appréhender sur le mode de la traduction : revisitant une œuvre à l’aune d’un autre dispositif de communication, elle semble faire d’une adaptation l’occasion d’une forme de mise en scène du texte en jouant sur le statut singulier qu’acquiert celui-ci au sein de la bande dessinée.

« L’autobiographisme : un renouveau éditorial »

Ouvrage collectif sous la direction de Viviane Alary, à paraître aux Presses de l’université de Clermont, printemps 2014.

L’autobiographie peut-elle participer de la structuration d’un secteur éditorial ? La question peut sembler de prime abord insolite : après tout, ne parlons-nous pas d’un mode de création, de l’une des voies possibles pour concevoir des ouvrages qui prendront place parmi d’autres sur les tables des libraires ? Certes, mais force est de constater que ces modalités d’expression ont parfois valeur d’organisation de la production ainsi qu’en attestent certaines collections d’ « Essais et documents » ou de « Littérature générale » et la chose semble encore plus avérée dans le cas de la bande dessinée. D’où l’hypothèse que nous entendons expliciter dans le cadre de cet article : l’autobiographie est à même d’organiser un média car elle nous invite à étendre à l’éditeur le périmètre du « pacte autobiographique » cher à Philippe Lejeune.

« L’hybridation : un nouveau mode de création »

Dans Laurent Gerbier (dir.), Hybridations. Les rencontres du texte et de l’image, Presses universitaires François-Rabelais, collection « Iconotextes », 2014, p. 212-228.

L’hybridation semble viser la porosité des registres d’énoncés et des ordres de la représentation : ainsi pourrions nous définir une notion esquissant une perspective des plus intéressantes. Processus relevant d’une « visée », voire d’un projet, l’hybridation entend instaurer une « porosité », c’est-à-dire aménager les conditions d’un passage, d’une circulation, entre des textes et des images qui peuvent être appréhendés de façon cloisonnée. Il s’agit de faire fi d’opérations relevant d’une classification (des représentations), d’une typologie (des « registres » ou des formes de discours) et plus largement de toutes les formes de classement (distinguant « littérature », « arts visuels » ou « plastiques »…). L’hybridation serait en fait un effort pour opérer hors de toute forme d’ordonnancement et de partition entre logos et icono, et nous entendons ici l’aborder comme un processus créatif en analysant deux travaux relevant de deux formes médiatiques différentes : le cinéroman et la webdocumentaire.

« Les technologies numériques : texte contre livre, index contre codex ? »

Dans Nathalie Collé-Bak, Monica Latham, David Ten Eyck (dir.), Book practices and textual itineraries. Textual practices in the Digital Age, PUN-Editions Universitaires de Lorraine, 2014, p. 147-163.

« Texte » et « livre » semblent de prime abord constituer deux notions parfaitement complémentaires. Le premier de ces deux termes semblent relever de l’ordre de l’information : couramment synonyme d’écrit, il semble désigner un ensemble d’inscriptions organisées en plusieurs subdivisions (tomes, parties, chapitres, paragraphes, phrases…) susceptible d’être mis en forme et exploité. Comparable à une matière première, il serait par la suite sélectionné, amendé, corrigé, imprimé, commercialisé puis vendu : il donnerait lieu à un livre pouvant être vu comme une forme d’objectivation du texte, ou plus précisément son inscription dans un espace social. « Texte » et « livre » renvoient dans semblable optique aux différentes étapes d’une chaîne de production : elles mobilisent successivement un ensemble d’acteurs (auteur, éditeur, correcteur, imprimeur…) au sein d’une « chaîne du ivre » dans lequel on passerait tout naturellement de l’un à l’autre. Loin d’insister sur la complexité du travail permettant cette avancée dans le processus d’édition, le présent article entend montrer que ces deux notions esquissent à l'inverse de réelles tensions, et que celles-ci sont immanentes aux nouvelles technologies numériques comme le montre en particulier l’initiative du programme « Google Books ».

« La prescription  des librairies en ligne : expression, association, collaboration »

Communication et langage, volume 2014, n°179, mars 2014, p. 75-90.

Les pratiques de prescription semblent pouvoir être placées au fondement d’une identité professionnelle : tel semble être le cas avec une librairie qui n’entend pas depuis la fin de la seconde guerre mondiale se définir comme une simple instance de distributions d’ouvrages mais comme un commerce susceptible « d’arrêter l’invasion progressive de la fausse culture » (Pierre Torneille). Semblable mission semble être à l’heure du numérique réaffirmée par la profession, notamment au sein d’un rapport intitulé Accueillir le numérique qui affirme que « l’abondance des contenus numériques renforcera le rôle de médiateur exercé par les libraires ». Le présent article entend interroger cette dernière position en se demandant d’abord si l’inscription dans un nouvel environnement technologique et économique ne fragilise pas le rôle prescripteur du libraire : à bien des égards, le numérique nous semble favoriser l’émergence d’un commerce en ligne affirmant une vocation résolument marchande reposant sur une médiatisation des prescripteurs et d’un acte de prescription dont la véritable efficacité reste à prouver.

« Pour une autre commercialisation de la bande dessinée. Etude sur la Gazette du comptoir des indépendants »

Dans Christophe Dony, Erwin Dejasse, Bjorn Olav-Dozo (dir.), La bande dessinée en dissidence, Presses Universitaires de Liège, 2014 p. 155-166.

La notion d’ « indépendance » semble dans nos systèmes éditoriaux nous inviter à nous placer sur des plans tant esthétiques que politiques, mais le présent article entend interroger sa valeur économique : quelle forme prendrait une commercialisation indépendante en matière de bande dessinée ? L’histoire du comptoir des indépendants apporte un élément de réponse : diffuseur créé par plusieurs éditeurs indépendants, il a tenté de renouveler une certaine approche des détaillants et plus largement du marché en tentant notamment d’imposer la bande dessinée en librairie généraliste. Et nous tenterons de saisir les tenants et aboutissants de ce renouvellement en étudiant les parti-pris éditoriaux de sa Gazette, publication chargée de présenter des « nouveautés ».

« Image de territoire et territoire en image : “Angoulême, capitale de la BD” »

Dans Jacques Noyer, Bruno Raoul et Isabelle Paillart (dir.), Médias et territoire. L’espace public entre communication et imaginaire territoiral, Presses universitaires du Septentrion, 2013, p. 39-65.

« C’est ici, à Angoulême, que la bande dessinée est vraiment chez elle ». Figurant dans l’une des publications éditées par la municipalité et accompagnées de moult formules comparables, cette phrase esquisse une singulière entreprise : s’appuyer sur un art de l’image afin de construire l’image d’un territoire. Tel est le projet que le présent article se propose d’interroger à travers l’analyse de multiples documents et inscriptions : les nombreuses publications suscitées diffusant des informations auprès de la population locale, les affiches du Festival International de la Bande Dessinée et de l’Image représentant (parfois au sens propre) la ville sur le plan national et international, les commandes d’art public inscrivant le dessin dans le bâti même de la ville (à l’instar des « murs peints » ou des « dalles » réalisés par des auteurs de bandes dessinées) semblent en effet n’avoir de cesse de placer un mode d’expression au fondement d’une communication territoriale.

« La créativité : une organisation territoriale »

Communication et langage, volume 2013, n°175, mais 2013 p. 55-77.

Véritable enjeu territorial, la créativité est cœur de dispositifs (« clusters », « grappe d’entreprises », « système productif local ») favorisant des rapprochements entre acteurs économiques occupant un même espace. Afin d’interroger ces « territoires créatifs », le présent article s’appuiera sur une étude concernant la filière livre que nous avons menée pour la ville de Paris : pensée sur le mode de la médiation, la notion de créativité sera interrogée à travers les possibles organisations économiques territoriales auquel elle peut donner naissance.

«Auteur et réseau : deux logiques divergentes ?»

Dans Oriane Deseilligny, Sylvie Ducas (dir.), L'Auteur en réseau. Les réseaux de l'auteur, Presses Universitaires de Paris Ouest, 2012.

« De fait, le livre numérique, qui n'existerait pas sans nos créations, sans lesquelles tout ce “marché en devenir” ne serait rien, se construit sans que personne n'envisage de nous demander notre avis ». Extraite d’une pétition intitulée « Appel du numérique » lancée suite à la création par le groupe d’édition Média Participations d’une plateforme de distribution numérique de bande dessinées, cette phrase met en évidence un fait : l’Internet, et plus largement l’ensemble des nouveaux moyens télématiques de publication et de commercialisation, devient ici un objet de discorde entre auteurs et éditeurs et semble fragiliser l’entente qui est au fondement de l’organisation que nous avons coutume de nommer « chaîne du livre ». Ce constat dépasse de loin le cadre du neuvième art comme le démontre le programme de numérisation « Google Recherche de livres », qui s’est attiré les foudres des associations de défense des auteurs au point d’aboutir à une série de procès et à un conflit hautement médiatisé dont nous entendons traiter ici à travers une hypothèse : l’auteur nous invite à concevoir le réseau au-delà d’un cadre éditorial et législatif hérité de l’imprimé.

Visages de l'édition en Midi Pyrénées

Étude réalisée pour le compte du Centre Régional du livre de Midi-Pyrénées en collaboration avec Yanik Vacher, chargée d’économie du livre, mars 2011- mars 2012 (rendu public).

URL <http://www.crl-midipyrenees.fr/economie-du-livre/etudes-realisees-par-le-crl/ledition-en-midi-pyrenees/>

Ce travail entend produire une radiographie du tissu éditorial dans la région Midi-Pyrénes afin de mettre en évidence ses spécificités : il est composé d’éditeurs de petite taille, possédant un rayonnement national et étant très en attente de formation susceptibles de leur permettre de se professionnaliser. Ces analyses ont pour objectif de constituer une aide à la décision pour l’action du Centre Régional du Livre et de contribuer à la mise en place d’un observatoire régional du livre commun au CRL et à la DRAC.

« Les librairies en ligne : quelle interface pour le livre ? » 

Dans Réach-Ngo, Anne. Pollizi, Gilles (dir.). Le livre, « produit culturel » ? Politiques éditoriales, stratégies de librairie et mutation de l’objet de l’invention de l’imprimé à la révolution numérique, L’Harmattan, 2011.

Le livre est-il une marchandise, c’est-à-dire un objet conçu pour prendre place dans un processus d’échanges économiques ? À cette interrogation, les librairies en ligne (c’est-à-dire les sites proposant la commercialisation d’ouvrages à l’aide d’outils numériques) semblent répondre de façon on ne peut plus claire, tel Amazon qui permettre à ses clients d’« à tout moment trouver en ligne ce qu'ils ont envie d'acheter » et leur offre des « outils très poussés de recherche ainsi que l'achat rapide et facile ». Se fondant sur l’étude d’acteurs francophones du secteur (et notamment Amazon, la FNAC, Alapage, Dialogues, Camponovo, Lekti, Decitre et Mollat), cet article entend défendre une hypothèse : nous sommes face à un dispositif mettant en valeur les aspects marchands du livre à travers la constitution d’une certaine interface et une certaine définition du métier de libraire.

« Les métamorphoses de la lecture de bande dessinée : un défi pour la bibliothèque »

Article paru dans le Bulletin des Bibliothèques de France, t. 56, n°5 (« Les métamorphoses de la lecture »), 2011. URL <http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-05-0036-006>

Indésirable dans les bibliothèques avant la Seconde Guerre mondiale, la bande dessinée est aujourd'hui intégrée aux programmes de l'Éducation nationale. On assiste à une spectaculaire revalorisation de sa lecture, mais qu'en est-il dans les faits ? Telle est la question à laquelle le présent article entend proposer des éléments de réponse. Plus large et plus divers qu'auparavant, le lectorat de la bande dessinée s'est métamorphosé à la hauteur d'une production qui ne cesse de gagner en variété. Ce faisant, il s'agit de se demander en quoi la bande dessinée invite les bibliothèques à repenser leur organisation et leurs missions. 

« Fiction et forme encyclopédique : Wookieepedia, Dragon Ball Wiki et Cie. »

Article paru dans la revue Strenae. Recherches sur les livres et objets culturels de l'enfance, 2/2011, « Les formes de la fiction dans la culture pour la jeunesse ».

URL <http://strenae.revues.org/420>

Wookieepedia, Final Fantasy Wiki, Dragon Ball Wiki, Memory Alpha, WoWWiki… Autant d’encyclopédies en ligne abordant de célèbres fictions pour la jeunesse à travers un nombre parfois considérable d’articles abordant toutes sortes de sujets (récits, technologies, personnages, lieux, auteurs, fans…). Que nous apprennent ces dispositifs entendant prendre des fictions au sérieux, c’est-à-dire aborder un domaine relevant de l’imaginaire avec des outils relevant du domaine de la connaissance ? Deux pratiques se dégagent : la référence à des produits culturels prenant des formes fort diverses (romans, bandes dessinées, films, jeux vidéo…) et le lien entre les divers articles. Ces deux pratiques montrent comment se développe une expertise quant à une fiction, une capacité à se situer dans une construction imaginaire.

« L’autobiographie : pour une nouvelle bande dessinée ? »

Dans MArie-Hélène Popelard (dir.), L’Art, l’éducation et le politique, Éditions des Sandres, mai 2011.

L’inscription dans le genre autobiographique figure sans aucun doute parmi les évolutions les plus spectaculaires de la bande dessinée contemporaine. On note en effet depuis maintenant près d’une décennie une floraison d’ouvrages dont le succès a parfois franchi les limites du traditionnel public du neuvième art. Faut-il voir dans l’ensemble de ces œuvres une vogue, une mode passagère comparable à celle qu’a déjà connue la bande dessinée en lorgnant, par exemple, du côté de l’histoire ? Telle n’est pas notre conviction, et la position de cet article qui entend expliciter une tout autre hypothèse : l’autobiographie constitue le vecteur d’une nouvelle pratique de la bande dessinée et d’une autre conception du livre au sein du neuvième art.

« La bande dessinée de fantasy : un genre français ? »

Revue Contemporary French & Francophone Studies, « La fantasy à la française », volume 15, février 2011, p. 209-222.

Alors que le roman de fantasy ressort de « la domination effective, du côté de la production comme de la réception critique, du domaine anglophone » (Anne Besson), il n’en est rien d’une bande dessinée de fantasy qui constitue en France un genre on ne peut plus dynamique. Le présent article entend ainsi s’interroger sur une spécificité nationale qui réside dans les termes d’une rencontre entre le genre et la bande dessinée « franco-belge » : instrument d’un renouvellement des « feuilletons » qu’affectionnent le neuvième art, la « fantasy à la française » se distingue des manga et comics par une inscription dans un dispositif éditorial (l’album) qu’elle contribua à renouveler en profondeur à travers l’adoption d’un mode de représentation du corps se situant au-delà d’une tradition européenne issue de la censure et d’un mode d’expression se situant aux antipodes d’une « ligne claire » ayant donné ses lettres de noblesse à la bande dessinée européenne.

(2011) « Auteur contre écrivain ? »

Article publié dans Les médiations de l'écrivain. Les conditions de la création littéraire (ouvrage dirigé par Audrey Alves et Maria Pourchet), L'Harmattan, collection « Communication et civilisation », 2011.

Auteur et écrivain sont notions voisines mais pas pour autant synonymes : si la première renvoie à l’autorité de « celui qui se porte garant de l’œuvre » (auctor), la seconde renvoie à l’activité de celui qui l’élabore (scribam). L’œuvre littéraire constitue ainsi un dispositif propice au subterfuge que conçut Raymond Roussel en publiant des écrits empreints d’une fantaisie qui relevait selon lui de son imagination débridée et en cachant jusqu’à sa mort le fait que ceux-ci étant en fait produit grâce à un ingénieux « procédé » d’écriture. À travers semblable supercherie, l’auteur apparaît comme un simple personnage, l’acteur d’une représentation, et la littérature devient le lieu d’une méfiance où seul le texte, le produit du travail de l’écrivain sur les mots, est crédible : ce geste ouvre la voie à une remise en cause du dispositif médiatique du livre.

« Vie éternelle et édition critique : le paradoxe de la Pléiade »

Dans Les Vies du livre, passées, présentes et à venir, Presses universitaires de Nancy, octobre 2010.

La constitution de la Bibliothèque de la Pléiade, collection qui fait aujourd’hui figure de « Panthéon des lettres », repose sur un véritable paradoxe : si ces livres au format proche du missel semblent indiquer qu’une œuvre est à l’épreuve du temps, c’est en s’inscrivant dans la succession des divers états de cette même œuvre, depuis le brouillon jusqu’aux multiples éditions corrigées par l’auteur ou « arrangées » par l’éditeur. Les vies du livre sont ainsi au cœur de cette édition critique et éclairent singulièrement le texte « encré » au sein des célèbres reliures vertes : celui-ci est le produit d’hésitations, de rectifications et une œuvre qui semble une fois pour toute figée devient un édifice précaire sujet à mobilité et variabilité. La publication est ainsi l’occasion d’une exploration de ce qu’un texte aurait pu être et il est en ce sens significatif que le destin de la Bibliothèque de la Pléiade croise celui de l’oulipien Raymond Queneau, inlassable chercheur des « potentialités » de tous textes, puisque le passage à la postérité est l’occasion de repenser la littérature à l’aune d’un devenir.

« Les Sciences Humaines et Sociales à l’ère du numérique : une nouvelle figure de l’éditeur ? »

Dans Édition et publication scientifique en sciences humaines et sociales : formes et enjeux, Presses de l’université d’Avignon, mai 2010.

L’émergence des technologies numériques ne nous invite-t-elle pas à repenser l’éditeur de comme un prestataire de service pour la communauté scientifique ? La question se pose, car l’autonomie que lui confère son statut d’entrepreneur semble le placer en situation d’intrus au sein d’un système de recherche. Fonctionnant sur fonds publics, celui-ci reconnait à une information scientifique, destinée par nature à l’appropriation, une valeur collective qui esquisse un autre rapport à la publication. Celle-ci ne relève pas forcément du droit d’auteur et tire parti d’une fonction d’agrégation des revues dans laquelle l’éditeur semble être redéfini comme un fournisseur de contenu.

« La bande dessinée franco-belge : quelle industrie culturelle ? »

Revue Textyles, « La bande dessinée contemporaine », n°36-37, janvier 2010.

URL <http://textyles.revues.org/1398>

Le secteur de la Bande Dessinée semble aujourd’hui cristalliser mieux que tout autre type d’édition les problématiques inhérentes aux industries de la culture : tentant d’instaurer une communication entre le livre et d’autres médiums (télévision, jeu vidéo, cinéma…), soucieuse d’inventer des œuvres pensées en termes de déclinabilité (quant au format, public, mode de diffusion…), tendant à considérer celles-ci comme un centre de profit qu’il s’agit d’exploiter (par le merchandising et le marketing…), elle vise à s’extirper de carcans tant nationaux (la Wallonie) qu’esthétiques (le public des « aficionados BD » pour reprendre l’expression de Jean-Claude Menu, fondateur de L’Association). Ce faisant, le « 9e art » devient le lieu de tensions qu’illustrent parfaitement l’exemple de la Bande Dessinée francophone, et notamment les antagonismes existant entre Dupuis ou Casterman, dépositaires d’une grande partie du patrimoine de la BD belge qui semblent se reconnaître dans cet art sans nationalité ni identité, et un Fremok entendant avant tout « utiliser, propager, favoriser les libertés d’expression, de création et de circulation physiques et intellectuelles ».

Étude de faisabilité et de préfiguration d’un Système productif Local du livre dans le Nord-Est francilien

Étude réalisée pour le compte de la mairie de Paris (Direction à la Politique de la Ville et à l’Intégration) et l’association Fontaine O Livre, février 2009-mars 2010.

URL <http://www.fontaineolivres.com/news-etude-nbsp-quelles-coop-rations-entre-acteurs-du-livre-sur-le-ne-parisien-nbsp,0767.html>

Cette étude entend répondre à une question précise : quelles formes et structures de coopération entre acteurs de la filière livre opérant au sein d’un territoire donné (le Nord-Est parisien) est-il possible d’envisager ? Mettant en évidence la spécificité d’un « territoire du livre », nos travaux proposent des éléments de réponse ayant tout à la fois trait à des coopérations infraprofessionnelles (mutualisation du « back office », mise en commun d’informations commerciales, groupements d’employeurs entre éditeurs…) et interprofessionnelles (action culturelle concertée, programmes de formations destinés aux libraires, bibliothécaires et éditeurs).

« La publication numérique en Sciences Humaines et sociales : vers un nouveau modèle de diffusion du savoir? »

Revue Mémoire du livre, n°1, université de Laval, septembre 2009.

En quoi la production du savoir en sciences humaines et sociales est-elle liée au médium assurant sa diffusion ? La question se pose à l’heure où des politiques publiques entendent faire de la publication un « appui » de l’effort de recherche afin de constituer ce que nous proposons d’appeler une « bibliothèque de devenir ». Ce gigantesque ensemble de travaux, aisément accessibles, sélectionnés pour leur capacité à constituer un « précédent » permettant à de nouvelles recherches de se développer, nous invite à repenser les tenants et aboutissants d’un système éditorial. La valeur d’une revue est ainsi fonction de son intégration à la communauté scientifique, elle est prise en charge par une fonction « d’agrégation » et prend place dans un système d’information scientifique et technique opérant en partie hors d’une forme éditoriale traditionnelle comme l’article.

« La bibliothèque en mouvement : Jacques Roubaud et l’Oulipo »

Dans Sylvie Ducas et Marie-Odile André (dir.), Écrire la bibliothèque, Cercle de la librairie, février 2008.

« Dans l’échelle des objets littéraires, le niveau le moins fréquent est assurément celui des bibliothèques », écrit Paul Braffort. Ceux qui sont l’origine des œuvres ne se soucieraient-ils pas du dispositif qui, plus que tout autre, est à même d’assurer leur conservation ? C’est semblable erreur que l’OuLiPo tente de corriger en liant deux activités : écrire et ranger des livres. Il s’agit ainsi de produire des œuvres qui rangent (en faisant, grâce à plagiats et parodies, de textes déjà écrits le fondement de nouvelles œuvres) et des rangements qui œuvrent (à créer, à partir du catalogue de la BNF, des formes de classements permettant d’engendrer d’inédits voisinages). Le catalogue devient ainsi une notion littéraire à part entière et peut même devenir le fondement d’une définition de l’écrit : se proposer d’organiser un ensemble d’éléments (l’alphabet) susceptible d’être à l’infini combinés.


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